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Description

Haut Conseil de la Santé Publique / Santé sexuelle et reproductive [2016]

La vie sexuelle des personnes âgées, comme celle des personnes en situation de handicap reste encore un sujet tabou que la société et les institutions peinent à reconnaître. Dans nos sociétés, en effet la sexualité tend à être associée aux notions de santé, de performance, de beauté et d’attractivité. L’activité sexuelle est conçue comme une prérogative des adultes en pleine possession de leurs moyens économiques et physiques et est déniée aux individus considérés comme dépendants, tels que les enfants, les personnes handicapées ou les personnes âgées[1].

Bien que ni l’âge ni le handicap n’impliquent un renoncement au plaisir, il n’est pas rare de voir des personnes fragilisées – qu’elles soient âgées ou handicapées –subir un processus d’infantilisation, qui tend à en faire des êtres asexués. Encore aujourd’hui, les professionnels – mais aussi les proches – trouvent souvent plus facile d’interdire ou de nier la question de leur vie amoureuse et sexuelle que de considérer pleinement cette dimension de leur existence.

Au lieu d’être anticipées, ces questions «sont abordées dans l’urgence, de manière violente, et uniquement en termes de problématique»[2].

Les conséquences de l’asexualité présumée de ces personnes sont particulièrement importantes au niveau des institutions qui les accueillent[3]

Personnes âgées et personnes handicapées

La vie sexuelle des personnes âgées et des personnes en situation de handicap reste encore un sujet tabou que la société et les institutions peinent à reconnaître.

Les personnes âgées qui éprouvent des difficultés dans ce domaine hésitent souvent à en faire part à leur médecin. De plus, la question est également complètement occultée dans la plupart des établissements pour personnes âgées.

Les parents d’enfants handicapés ont parfois du mal à les reconnaître comme des êtres sexués et les tiennent à l’écart d’une éducation sur ce point. Les personnes qui présentent un handicap ont autant besoin d’amour, d’affection et de relations interpersonnelles que les autres. Elles n’ont souvent pas accès à l’information et à l’éducation sur ce point, alors que celles-ci sont d’autant plus importantes que leur handicap nécessite d’acquérir des compétences spécifiques pour une expression et une communication sexuelle adaptée. De plus, ces personnes manquent souvent de lieux d’intimité leur permettant de vivre leur sexualité, individuellement ou avec un partenaire.

De manière générale, les personnes handicapées ont un risque d’infection par le VIH au moins égal, voire supérieur, à celui de la population générale mais font rarement l’objet d’interventions adaptées de prévention et de dépistage. La surveillance de la grossesse et l’accouchement nécessitent également une information spécifique qui est encore peu développée en France.

[1] Wallach I. Sexualité : les seniors, des êtres asexués ? Un préjugé dont il faut se détacher. L’Obs Le Plus [En ligne]. 26 Juin 2013 [Consulté le 26 Fév ] ; [Environ 2 écrans.] Disponible : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/893426-sexualite-les-seniors-des-etres-asexues-un-prejuge-dont-il-faut-se-detacher.html

[2] Sadrati-Dinet C. Personnes âgées et handicapées. Sexualité : la fin d’un tabou ? ASH. 27 Août 2010 ; (2671) : 38-41

[3] Milligan MS, Neufeld AH. The myth of asexuality: a survey of social and empirical evidence. Sex Disabil. 2011 Jun; 19(2):91-109