La nouvelle version de la brochure initialement publiée en 2011 a été dévoilée le jeudi 24 avril, porté par l’ENIPSE (Équipe nationale d’intervention en prévention et santé) et avec le soutien de Santé publique France.

Description

«Tomber la culotte #2» a été réalisée par un comité de pilotage coordonné par Coraline Delebarre et Clotilde Genon. Cette brochure s’adresse aux femmes, cis et trans, qui ont des rapports avec d’autres femmes (FSF), de manière exclusive ou non, et quelle que soit la façon dont elles se définissent. Comme pour la première version, des artistes lesbiennes, bies, queer et/ou féministes ont illustré les différents chapitres de l’ouvrage.

«Tomber la culotte» se veut «un outil de valorisation, de visibilité et d’empowerment». Elle aborde, dans plusieurs chapitres, le rapport au corps, une histoire des luttes pour les droits des lesbiennes, les sexualités entre femmes, et la santé sexuelle des FSF. Quelques adresses et un glossaire complètent cette nouvelle édition. La brochure, imprimée à 20 000 exemplaires, sera disponible en ligne sous forme de PDF très rapidement.

Les FSF, une population peu étudiée

En 1972, une première enquête citée par Annie Velter de Santé publique France rapportait que 2,6% se définissait comme une femme ayant eu des rapports sexuels avec une autre femme, au moins une fois au cours de sa vie. Cette proportion est désormais de 5,6% en 2011, preuve que la parole se libère.

Les études qui permettraient de mieux connaître les FSF restent rares et cette population hétérogène mal connue. Les itérations de l’Enquête Presse Gays et Lesbiennes, par exemple, n’interrogeaient, avant celle de 2011, que les hommes gays (ce qui n’avait pas empêché plus de 200 femmes lesbiennes et bisexuelles de répondre et de renvoyer un questionnaire qui ne les sollicitait pourtant pas).

Les données de l’enquête SexoFSF menée en 2016 par Coraline Delebarre, décrivent une population éduquée (86% ont un niveau d’étude supérieur au bac), mais souvent précarisée: 36% des répondantes gagnent moins de 999€. Des résultats qui confortent ceux de l’Enquête Presse Gay et Lesbienne 2011 d’Annie Verter: 70% des répondantes avaient fait des études supérieures et 37% d’entre elles étaient cadre. Dans les deux études, 11% des répondantes avaient des enfants. Les deux études dessinent en tout cas une grande variété d’auto-identification et de parcours sexuels.

De nombreuses discriminations

Un grand nombre des participantes aux enquêtes déclarent avoir fait face à la lesbophobie et en particulier dans le cadre de la santé: 20% des répondantes de SexoFSF y ont fait face dans l’espace médicale (46% dans l’espace public). Dans l’Enquête Presse gays et lesbiennes, 10% des répondants ont partagé leur orientation sexuelle leur médecin et ont fait face à une réaction déplaisante.