Éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle : un droit fondamental pour toutes et tous, y compris pour les personnes en situation de handicap

Éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle : un droit fondamental pour toutes et tous, y compris pour les personnes en situation de handicap

Un enjeu de santé publique, d’égalité et de dignité

Depuis plus de vingt ans, la loi prévoit trois séances annuelles d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS) pour les élèves. Pourtant, dans les faits, cet enseignement reste largement insuffisant : seuls 20 % des collégiens en bénéficieraient réellement. Derrière ce chiffre, c’est une réalité préoccupante qui s’impose : un droit reconnu, mais encore trop peu appliqué.

Et la situation devient plus préoccupante encore lorsque l’on regarde du côté des établissements et services médico-sociaux. Qu’a réellement reçu, en matière de vie affective, relationnelle et sexuelle, une personne en situation de handicap accompagnée en institution ou à domicile ? Trop souvent, la réponse tient en peu de mots : presque rien.

C’est précisément pour répondre à cette carence que le CeRHeS (Centre de Ressources Handicaps et Sexualité) propose une formation spécialisée. Son ambition est claire : donner aux professionnels les moyens d’agir, afin que les personnes en situation de handicap puissent accéder, elles aussi, à une information fiable, à un accompagnement respectueux et à l’exercice effectif de leurs droits.

L’EVARS : un droit inscrit dans la loi, encore trop peu effectif

Une obligation ancienne, une application encore incomplète

La loi du 4 juillet 2001 impose au minimum trois séances annuelles d’EVARS dans les écoles, collèges et lycées. Malgré ce cadre clair, la mise en œuvre est restée très inégale pendant de longues années, au point que la justice a reconnu en 2025 la carence fautive de l’État en la matière. Les programmes officiels publiés en février 2025 et entrés en vigueur à la rentrée 2025 constituent une avancée importante, mais ils ne suffisent pas, à eux seuls, à garantir l’effectivité du droit. 

Sur le terrain, les freins restent nombreux : manque de formation des équipes éducatives, moyens humains insuffisants, budgets contraints, inégalités territoriales, affaiblissement du soutien aux associations partenaires. Autrement dit, un programme existe désormais, mais sa traduction concrète dépend encore fortement des moyens mobilisés. 

Pourquoi cette insuffisance a des conséquences graves

Lorsqu’elle n’est pas mise en œuvre, l’EVARS laisse les jeunes plus exposés aux violences, aux discriminations, aux informations erronées et aux conduites à risque. Elle joue pourtant un rôle essentiel dans la prévention des IST, dans la compréhension du consentement, dans le repérage des abus et dans la construction de relations respectueuses.

À défaut d’un cadre éducatif structuré, beaucoup d’adolescents construisent aujourd’hui leurs représentations à partir d’Internet et des réseaux sociaux, souvent sans recul, sans accompagnement et sans repères fiables. C’est pourquoi l’EVARS relève pleinement de la santé publique, de l’éducation et de la protection des droits.

Personnes en situation de handicap : une exclusion encore plus marquée

Une absence souvent passée sous silence

Si l’EVARS demeure insuffisamment appliquée dans le cadre scolaire, la situation est souvent encore plus fragile dans le secteur médico-social. Les personnes en situation de handicap restent trop fréquemment privées d’informations accessibles, d’espaces de parole et d’un accompagnement adapté sur ces questions pourtant essentielles.

Cette invisibilisation s’explique par plusieurs facteurs, qui se renforcent les uns les autres :

  • Le poids du tabou : la vie affective et sexuelle des personnes en situation de handicap reste trop souvent traitée comme un sujet à éviter, alors qu’elle fait pleinement partie de la vie et des droits de chacun.
  • Le manque d’outillage des professionnels : beaucoup d’accompagnants, d’éducateurs ou de soignants ne se sentent ni formés ni légitimes pour ouvrir ces échanges et les encadrer avec justesse.
  • Des obligations encore insuffisamment structurées : contrairement au cadre scolaire, les ESSMS ne disposent pas toujours d’un mandat clair ni de repères opérationnels suffisamment partagés pour déployer une démarche d’EVARS.
  • Le manque de ressources dédiées : sans temps, sans budget et sans soutien institutionnel, les initiatives restent trop souvent ponctuelles ou fragiles.

Pourtant, le droit existe

Les personnes en situation de handicap sont des citoyenn·ne·s à part entière. Elles ont une vie affective, elles posent des questions sur la sexualité, elles désirent, elles aspirent à des relations. Le cadre international, notamment la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées, reconnaît explicitement ce droit fondamental.

Tout comme, en France, les recommandations récentes de bonnes pratiques professionnelles de la Haute Autorité de Santé et de la circulaire du 05 juillet 2021 qui ont été rappelées en février 2026 dans le plan d’actions 2026-2027 pour la vie intime, affective et sexuelle des personnes en situation de handicap.

Les leçons de Sidaction : une mobilisation qui doit s’étendre

La reconnaissance du préjudice

En décembre 2025, le tribunal administratif de Paris a reconnu la carence fautive de l’État en matière d’EVARS, suite à une action en justice lancée en mars 2022 par le Planning familial, Sidaction et SOS Homophobie.

C’est un tournant majeur. Un jugement qui dit clairement : l’État a failli à ses obligations, et ce manquement a causé préjudice.

Une coalition croissante

Mais reconnaître la faute ne suffit pas. Le collectif « Pour une véritable éducation à la sexualité » rassemble désormais 18 associations et syndicats et continue son plaidoyer auprès des parlementaires. Ces associations ne baissent pas les bras. Elles maintiennent la pression, elles témoignent, elles expliquent concrètement ce qu’est l’EVARS à ceux qui en ont peur.

Une opportunité à saisir

Le ministre de l’Éducation nationale s’est montré optimiste en déclarant que 66 % des écoliers, 48 % des collégiens et 35 % des lycéens auraient déjà bénéficié d’au moins une séance fin 2025, avec un objectif de 100 % d’ici la fin de l’année scolaire.

Si ces chiffres se confirment, c’est un progrès. Mais il ne faut pas s’arrêter à l’école. Il faut étendre cette mobilisation aux établissements médico-sociaux, aux services d’accompagnement, à tous les lieux où vivent et se développent les personnes en situation de handicap.

La réponse du CeRHeS : former pour transformer les pratiques

Une formation pour changer les choses

C’est dans ce contexte que le CeRHeS propose sa formation « GEVARS 2026 : Animer un atelier d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle à destination des personnes en situation de handicap ».

Cette formation de 6 jours (deux sessions de 3 jours distantes d’un mois et demi) s’adresse aux professionnels qui accompagnent quotidiennement des personnes handicapées :

  • Professionnel·le·s de l’accompagnement et du soin intervenant à domicile ou en ESSMS
  • Intervenant·e·s pair·e·s en santé sexuelle
  • Administrateur·trice·s des ESSMS et d’associations

Ce que vous apprendrez

La formation couvre trois piliers essentiels :

1. Les fondamentaux

  • Législation et cadre déontologique
  • Concepts de sexologie et santé sexuelle
  • Réduction des risques et des dommages

2. Les outils et ressources

  • Outils en santé sexuelle adaptés aux publics accompagnés
  • Connaître le réseau de proximité (CPEF, CEGIDD, etc.)
  • Mise à jour continue des ressources documentaires

3. La mise en œuvre concrète

  • Identifier les besoins spécifiques et les aménagements
  • Concevoir et piloter un projet d’atelier d’EVARS
  • Techniques d’animation de groupes
  • Dynamique de groupe et posture professionnelle

Pédagogie active et pragmatique

La formation privilégie une pédagogie active : interventions, travail en petits groupes, études de cas, mises en situation. Le travail personnel entre les deux sessions permet une véritable intégration des apprentissages et une réflexion sur vos propres pratiques.

Le formateur, François Crochon, sexologue clinicien et président du CeRHeS, apporte une expertise reconnue et crée un environnement où l’on peut aborder librement ces sujets souvent tabous.

Pourquoi c’est urgent : la convergence des enjeux

De l’école aux ESSMS : une même lutte

Tout comme Sidaction et le collectif « Pour une véritable éducation à la sexualité » se battent pour que les enfants scolarisés aient accès à une EVARS de qualité, nous devons nous battre pour que les personnes en situation de handicap ne soient pas laissées pour compte.

La vulnérabilité redoublée

Les personnes en situation de handicap et les adolescents scolarisés partagent une vulnérabilité spécifique : ils dépendent d’adultes responsables pour accéder à une information fiable sur la sexualité.

Or, plus le tabou est grand, plus la vulnérabilité face aux abus sexuels augmente.Les études sont claires : les personnes handicapées connaissent des taux de violences sexuelles très supérieurs à la population générale. Une éducation à la vie affective et sexuelle, loin d’encourager l’abus, constitue une véritable armure de prévention.

Pour les établissements et services médico-sociaux : une opportunité à saisir pour se mettre en conformité avec le cadre réglementaire et légal

Formation en INTER à Lyon (octobre-novembre 2026)

Vous êtes directeur, responsable qualité ou RH d’un ESSMS ? Vous pouvez inscrire des membres de votre équipe à la session INTER-établissements organisée à Lyon les 20, 21, 22 octobre et 17, 18, 19 novembre 2026.

Ces dates permettent une première immersion de 3 jours, suivie d’une période de travail personnel et de réflexion dans votre institution, puis d’une deuxième session de 3 jours pour approfondir et intégrer.

Avantages :

  • Échange entre professionnels d’établissements différents
  • Retours d’expérience enrichis
  • Construction d’un réseau
  • Capacité d’accueil : entre 3 et 24 apprenants

Formation en INTRA : adaptée à votre établissement

Vous préférez une formation sur mesure, adaptée à la culture et aux besoins de votre établissement ? Le CeRHeS propose également des formations en INTRA, entièrement sur devis.

Ces formations permettent :

  • Une adaptation complète au contexte de votre structure
  • Un travail collectif de l’équipe
  • Une meilleure prise en compte des projets individualisés et du projet d’établissement
  • La création d’une dynamique de groupe autour de cet enjeu crucial

Contactez le CeRHeS :

📧 formation@cerhes.org

📞 06 52 22 16 01

🌐 https://www.cerhes.org

En conclusion : Pas d’exception à la dignité

Comme l’écrit Sidaction, les associations demeurent mobilisées afin que l’enseignement de l’EVARS soit appliqué à la hauteur des besoins. Cette mobilisation doit s’étendre au-delà de l’école.

Les personnes en situation de handicap ont exactement les mêmes besoins éducatifs que les autres enfants et adolescents. Elles ont droit à une information claire sur la puberté, sur le consentement, sur les IST, sur les violences sexuelles, sur l’amour, sur le désir, sur l’intimité.

En formant les professionnels qui les accompagnent, nous créons les conditions pour qu’une véritable EVARS se déploie dans les ESSMS. Nous transformons l’absence en présence, le tabou en dialogue, la vulnérabilité en capacité d’agir.

L’EVARS n’est pas un luxe. C’est une nécessité. Pour tou·te·s , sans exception.

Pour aller plus loin

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