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En France, la santé mentale des personnes lesbiennes, gay, bisexuelles et transgenres (LGBT) apparaît moins bonne qu’en population générale. Héritage d’une longue histoire, cette situation favorise tant leur (sur)exposition au VIH que, pour les plus jeunes notamment, aux pensées et comportements suicidaires.
Cette fiche propose un état de la question et l’exploration de pistes d’action aux niveaux individuel et collectif.

Description

Fiche Repères – Mars 2020 –

En France, la santé mentale des personnes lesbiennes, gay, bisexuelles et transgenres (LGBT) apparaît moins bonne qu’en population générale. Héritage d’une longue histoire, cette situation favorise tant leur (sur)exposition au VIH que, pour les plus jeunes notamment, aux pensées et comportements suicidaires.
Cette fiche propose un état de la question et l’exploration de pistes d’action aux niveaux individuel et collectif.

EXTRAIT :

Orientation sexuelle ou identité de genre minoritaire et problématiques de santé mentale : une corrélation avérée au niveau international[1]

Les hommes et femmes gays, lesbiennes ou bisexuel-le-s présentent par rapport aux hétérosexuel-le-s , au moins 1,5 fois plus de risques de troubles mentaux et dépressifs[2]

  • Les jeunes lesbiennes, gays et bisexuel-le-s, par rapport à leurs pairs hétérosexuel-le-s, présentent un risque significativement plus grand d’effectuer une tentative de suicide, en particulier les jeunes transgenres[3]
  • Chez les (futurs) LGBT, des symptômes dépressifs susceptibles de se manifester dès l’âge de 10 ans[4]

En France

  • 16 % des hommes gays et 18 % des femmes lesbiennes déclarent avoir fait au moins une tentative de suicide dans leur vie[5].
  • Chez les hommes gay/bisexuels, 1/3 des moins de 20 ans ont déclarés au moins une tentative de suicide au cours de leur vie[6].
  • L’âge médian de la première tentative était à 16 ans, et la plupart des tentatives observées avant 25 ans[7].
  • Chez les lesbiennes, gays et bisexuel-le-s (LGB) par rapport aux hétérosexuel-le-s à 2 fois plus de probabilités de vivre un épisode de dépression ou d’avoir des pensées suicidaires dans l’année (taux 3 fois supérieurs chez les hommes GB par rapport à ceux des femmes LB)[8]
  • Chez les lesbiennes, gays et bisexuel-le-s (LGB) par rapport aux hétérosexuel-le-s à 3 fois plus de faire au moins une tentative de suicide dans la vie[9]
  • À ce jour, il n’existe pas de données d’enquêtes nationales qui documentent les pensées et comportements suicidaires chez les personnes transgenres

Le stress minoritaire

  • Proposé par Meyer en 2003 pour rendre compte de la plus grande prévalence des problèmes de santé mentale chez les LGBT
  • Le modèle du stress minoritaire présente les personnes LGBT comme un groupe minoritaire exposé à une source de stress supplémentaire par rapport à la majorité hétérosexuelle de la population
  • Ce stress excédentaire tire sa source de préjugés, stigmatisations, voire discriminations – volontaires ou non – du groupe majoritaire envers le groupe minoritaire, dans “une société qui nie, autorise, reproduit, et parfois même encourage l’intolérance, l’ignorance et l’agressivité à leur égard” (Goguen Y, 2015).

[1] Ce n’est pas le fait d’être gay, lesbienne, bisexuel-le ou transgenre qui est à l’origine de souffrances psychiques statistiquement plus élevées chez ces personnes mais des facteurs externes

[2] méta-analyse (2008) d’articles publiés entre 1966 et 2005 à partir de données provenant de 214 344 personnes hétérosexuel-le-s et 11 971 personnes lesbiennes, gays et bisexuel-le-s : https://jamanetwork.com/journals/jamapediatrics/fullarticle/2704490

[3] méta-analyse (2018) regroupant les données de 35 études effectuées dans 10 pays dans les années 1990 et 2000 auprès de 2,4 millions de jeunes hétérosexuel-le-s et 113 000 jeunes LGBT de 12 à 20 ans : https://jamanetwork.com/journals/jamapediatrics/fullarticle/2704490

[4] Étude observationnelle britannique (2018) auprès de 5000 personnes nées entre 1991 et 1992 entre leurs 10 et 21 ans : https://www.researchgate.net/publication/329610473_Depression_and_self-harm_from_adolescence_to_young_adulthood_in_sexual_minorities_compared_with_heterosexuals_in_the_UK_a_population-based_cohort_study

[5] enquête “presses gays et lesbiennes” (2011, résultats publiés en 2016) auprès de 10 000 hommes et 3 000 femmes s’étant autodéterminés homo ou bisexuel-le-s : https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0398762016301547

[6] Enquête “presse gay” (2004) : https://www.santepubliquefrance.fr/docs/enquete-presse-gay-2004

[7] Enquête “presse gay” (2004) : https://www.santepubliquefrance.fr/docs/enquete-presse-gay-2004

[8] baromètre santé 2005, enquête nationale aléatoire auprès de 16800 hommes et femmes : https://www.santepubliquefrance.fr/docs/barometre-sante-2005

[9] baromètre santé 2005, enquête nationale aléatoire auprès de 16800 hommes et femmes : https://www.santepubliquefrance.fr/docs/barometre-sante-2005