L’intimité des personnes âgées : et si on arrêtait de faire semblant ?

L’intimité des personnes âgées : et si on arrêtait de faire semblant ?

La plateforme Always Valentines le dit sans détour : « L’amour n’a pas d’âge. Le plaisir non plus. » Derrière ce slogan, une réalité que le monde du soin peine encore à regarder en face. Les personnes âgées ont une vie intime. Des désirs. Des besoins affectifs et sexuels. Et les professionnel·le·s qui les accompagnent au quotidien sont souvent les premiers à manquer d’outils pour y répondre.


Always Valentines se présente comme « la première plateforme dédiée à la sexploration des sexagénaires ». Fondée par Céline Candillier, elle propose des ressources, des formations en ligne, des audioguides et une communauté pour les personnes de plus de 60 ans qui souhaitent entretenir, retrouver ou réinventer leur vie amoureuse et sexuelle. Le tout, sans jugement et sans tabou.

Ce projet porte le label de la Chaire UNESCO Santé sexuelle & Droits humains. Il a été soutenu par des partenaires comme la CNAV, Agirc-Arrco ou encore Apicil. Ce n’est donc pas une initiative marginale : c’est un signal clair que la société commence à accepter, enfin, que vieillir ne signifie pas renoncer à l’intime.


Ce que disent les personnes concernées

Les études citées par Always Valentines le confirment : la libido des personnes âgées ne disparaît pas à 60 ans. Elle évolue, se transforme, mais reste présente pour une large majorité d’entre elles. Ce sont les représentations sociales qui posent problème, pas la biologie. L’anxiété de performance, le regard des proches, la honte parfois intériorisée, et plus encore les attitudes des professionnel·le·s de santé ou du médico-social, peuvent avoir un effet dévastateur sur la vie intime de personnes qui n’ont pour seul tort que d’avoir de l’âge.

En établissement, la situation est encore plus complexe. Partager une chambre, dépendre d’autrui pour les gestes du quotidien, vivre sous le regard permanent du personnel : autant de contraintes qui rendent l’exercice de l’intimité particulièrement difficile. Et quand la personne souffre de troubles cognitifs, la question du consentement s’ajoute à celle du désir, dans toute sa complexité éthique.


Le rôle des professionnel·le·s

Face à ces réalités, les équipes soignantes et éducatives se trouvent souvent démunies. Non par mauvaise volonté, mais parce que la formation initiale n’aborde quasiment jamais ces sujets. Résultat : des réactions de gêne, des comportements d’évitement, parfois des attitudes involontairement culpabilisantes à l’égard des résident·e·s.

Accompagner la vie intime, affective et sexuelle des personnes âgées en établissement, ce n’est pas une compétence accessoire. C’est une composante à part entière du soin, au même titre que la douleur, la mobilité ou la nutrition. Cela suppose une posture réflexive sur ses propres représentations, une connaissance des cadres légaux et éthiques, et des outils concrets pour agir au quotidien.

Ce que propose le CeRHeS

Le CeRHeS propose une formation spécialement conçue pour les équipes intervenant auprès des personnes âgées en établissements. Sur deux jours, les participant·e·s travaillent à la fois leur posture professionnelle, leurs représentations et leurs pratiques d’accompagnement, dans une approche ancrée dans l’autodétermination et respectueuse des droits des personnes.

La formation s’adresse aux soignant·e·s, aux équipes éducatives et à l’encadrement. Elle est certifiée Qualiopi et mobilisable dans le cadre du plan de développement des compétences.Accompagner la vie intime des personnes âgées en établissements (2 jours) : https://cerhes.catalogueformpro.com/1/personnes-agees/1801476/accompagner-la-vie-intime-affective-et-sexuelle-des-personnes-agees-en-etablissements-2-jours

CONSULTEZ LE CATALOGUE GÉNÉRAL DES FORMATIONS DISPENSÉES PAR LE CeRHeS®

Partager cet article