Témoignage : Accompagnement sexuel

Témoignage : Accompagnement sexuel

11 février 2019|

Handicap : accompagnant.e sexuel.le, une profession taboue ?

Malgré les risques qui pèsent sur elle, Peggy reçoit Mickael, son assistant sexuel, une fois par mois. Un moment primordial pour la femme qu’elle est.

Publié sur Positivr.fr le 5 février 2019 à 14:03 – Mis à jour le 6 février 2019 à 7:04 par Mathilde Sallé de Chou

« Il est temps de lever les tabous ! » Les personnes en situation de handicap ont, elles aussi, des désirs. Dans ce reportage, Konbini part à la rencontre de Mickaël, assistant sexuel, et de Peggy, « sa cliente ». Une parole rare et décomplexée sur la sexualité des personnes handicapées.

Dans les faits, comme le rappelle Mickaël dans ce reportage, il s’agit d’une relation de prostitué à cliente. Une relation illégale qui pourrait coûter à Peggy 1 500 euros d’amende. En effet, en France, la profession d’assistant sexuel n’est toujours pas reconnue par la loi et ce sont les clients qui sont pénalisés. Mais c’est un risque que Peggy est prête à prendre… Atteinte d’une sclérose en plaque qui l’oblige à se déplacer en fauteuil roulant, elle explique :

« Avant, je n’étais que malade. Maintenant, je suis une femme »

Elle a rencontré Mickaël grâce à l’Association pour la promotion de l »accompagnement sexuel (APPAS) dont la mission est « de faire entendre la voix des personnes handicapées souffrant d’isolement et de misère affective et sexuelle et de leur permettre d’accéder à l’expérience de l’exploration et de la découverte de leur corporéité à travers l’écoute, le toucher, les massages, les caresses, et si c’est leur choix et leur demande, par l’accompagnement sexuel ».

Mickaël est assistant sexuel, Peggy vit en fauteuil. En s’offrant ses services, en France, elle risque d’être poursuivie en justice.

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Lire également sur Konbini news (publié le Vendredi 1 février 2019)

Voir le site de l’APPAS

Avec humour et bienveillance, l’accompagnant de Peggy partage son expérience, plus proche de la « calino-thérapie » que de l’apprentissage du Kamasutra :

 « Avant tout, une séance, c’est une rencontre, c’est un moment de partage où l’on prend le temps de discuter. Bien sûr, il va en résulter un acte sexuel, mais ce n’est pas l’essentiel de l’accompagnement. »

Apparue dans les années 1970 aux Etats-Unis, la profession d’assistant sexuel est aujourd’hui reconnue dans un certain nombre de pays européens comme l’Allemagne, la Suisse, la Belgique ou les Pays-Bas. En France, le débat sur la légalité de la profession continue… et pendant ce temps-là, l’APPAS résiste, en formant tout de même des assistants sexuels et en continuant à revendiquer un accès à une vie affective et sexuelle pour les personnes handicapées qui le désirent.

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